Categories

Accueil > Politique > Français, encore un effort pour renvoyer la peste bleu marine dans le néant (...)

11 mai 2012
Ludovic Berton

Français, encore un effort pour renvoyer la peste bleu marine dans le néant duquel elle n’aurait jamais du sortir ...

Paris dimanche soir, place de la Bastille.
Loin des liesses enchanteresses, au fond d’un marais nauséabonds entre les joncs corrompus et pourrissant, croupit le monstre glacé des profondeurs, un Léviathan hideux qu’alimentent les relents méphitiques de quelques avortons souffreteux. C’est la peste bleue marine, en France ; ce sont les néo-nazis, en Grèce et en Hongrie. Pour dire les choses simplement : c’est la bataille du jour et de la nuit qui se joue, ici, non seulement en France, mais, plus largement, dans toute l’Europe. Mais j’entends déjà les sophistes rondouillards et leur ton professoral, les bras croisés et affalés dans leur fauteuil, venir nous expliquer, à nous autres excessifs, que la peste qui s’organise n’est pas le résultat d’une maladie grave, mais simplement la traduction d’un sentiment d’abandon … Bref. Nous serions donc invités à la tolérance, à la compréhension, à la considération … car ils se mettent en colère, ces pauvres bougres demeurés, lorsque l’on combat leur maladie et leur esprit mensonger !

Mais j’aimerais savoir au nom de quel impératif catégorique ou idée pieuse faudrait-il être révérencieux, plein d’égard et d’estime pour un vote lamentable, soutenant un programme débile, qui porte le rétablissement de la peine de mort, qui condamne l’IVG, qui fait de l’immigré une vermine, qui valse avec des néo-nazis à Vienne, qui nous parle de « laïcité » et qui, dans la même phrase, nous explique fièrement que la France est la fille aînée de l’Église ? Pourquoi faudrait-il « respecter » (certains osent utiliser ce mot), au nom du pluralisme républicain, de la multiplicité des opinions, un parti éprouvant une telle répugnance pour la diversité ? Il faut être affligé d’un drôle d’érotisme morbide, d’une passion cruelle de l’inceste, pour vouer une telle idolâtrie à la virginité des personnes qui composent votre propre cénacle. Un simple vote de protestation nous dit-on ? Oui, bien sûr. Il est tout de même étrange de voter pour un parti qui soutient des thèses auxquelles on n’adhère absolument pas. Par conséquent, si le vote FN n’est pas le vote de la haine, c’est le vote des passions tristes et du mensonge, de l’ignorance et de la bêtise.

Il ne faut donc ni minimiser ni farder le FN : il mène une guerre à mort (je dis bien à mort) contre tout ce qu’il y a de beau et noble en l’homme, car sa rhétorique est celle de l’impuissance, de la servilité, de tout ce qu’il y a de bas, faible, malade, manqué. Il faut cesser cette complaisance hypocrite ; et, pour parler franchement, il est nécessaire que nous nous fâchions une fois pour de bon. L’inclination à être agressif sur le terrain des idées fait partie de la force. Il ne faut pas craindre "La" vérité, c’est que lorsque l’on imagine un parti radicalement contraire à notre idéal, c’est toujours un parti d’extrême-droite qui s’impose. Le FN c’est le parti des endeuillés, des nostalgiques d’une France imaginaire, qui n’existe que dans les chansons de gestes, c’est-à-dire d’un pays qui n’a jamais existé, mais qui, aujourd’hui, serait mis en danger par une bacille terrible portée par les vents de la méditerranée.
Il va donc falloir mener une guerre larvée ; une guerre entre vouloir-vivre et désir de se venger de la vie ; l’esprit constituera notre champ de bataille. Notre tâche : terrasser la Bête immonde qui agite son rictus gras sur l’hôtel de la haine et vampirise l’énergie créatrice. Ce n’est pas aux pieds d’une vil imposture que doivent fléchir les genoux républicains. Nous autres sommes trop mêlés d’origine pour accorder quelque crédit à cette névrose nationaliste, autre nom d’une idolâtrie raciale, cette maladie du sang dont l’Europe est malade. Une fois notre noble besogne accomplie, nous nous réveillerons, le visage grave, mais illuminé d’un sourire traduisant la félicité d’une vie soudain allégée, épurée de l’infâme vipère à tête blonde qui empoisonne les cœurs et le sang …

Commentaires

2 Messages

Répondre à cet article