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20 juin 2013
armandvenere

Microfinance, microcrédit : l’avenir de l’économie mondiale ?

Pensés dans les années 1970 par l’économiste bangladais Muhammad Yunus, la microfinance et le microcrédit sont devenus des outils incontournables pour l’économie des pays en développement, aux niveaux individuel et professionnel. Aujourd’hui, dans le contexte de la crise économique et sociale, les pays développés recourent à ce système pour lutter contre l’exclusion bancaire.

Des outils au cœur des stratégies pour le développement

La microfinance désigne les services financiers (crédit, épargne, assurance, transferts de fonds) destinés aux personnes exclues du système financier traditionnel, soient les habitants pauvres des pays en développement. Le microcrédit en est donc une composante. Cela consiste en l’attribution de prêts de faible montant à des personnes ne pouvant accéder au crédit classique. Le microcrédit existe principalement dans les pays en développement, mais également dans des pays développés ou en transition, et permet de réaliser des microprojets.

La microfinance et le microcrédit ont pour buts d’améliorer le niveau de vie des ménages pauvres, notamment en permettant la constitution de patrimoines pouvant les prémunir contre les aléas de la vie ; et de favoriser l’activité économique et l’entrepreneuriat à petite échelle. Naturellement, la microfinance implique de mettre en place des institutions stables, soutenues par les gouvernements et les fonds privés.

Publié par la plateforme de réflexion Convergences*, le baromètre de la microfinance 2013 indique que ce secteur a progressé de 15% en 2011 dans les pays en développement, pour un volume total de prêts s’élevant à 78 milliards de dollars. Si le nombre d’emprunteurs a diminué en Inde, il a augmenté en Afrique et en Amérique latine.

En temps de crise, des solutions intéressantes pour les pays développés

Dans un pays comme la France, le microcrédit est utilité comme moyen de lutte contre l’exclusion bancaire et sociale. Sur le plan individuel, le microcrédit permet de financer de petits projets, comme le permis de conduire par exemple, pour des personnes n’ayant pas accès au crédit à la consommation du fait de leurs faibles revenus ou de leur situation professionnelle. Une somme souvent inférieure à 3 000€ est allouée à l’emprunteur, avec un taux d’intérêt faible d’environ 3,5%. Au niveau professionnel, un microcrédit, généralement inférieur à 25 000€, peut être accordé à des personnes souhaitant créer ou reprendre une entreprise, mais qui ne disposent pas de fonds suffisants pour prétendre à un prêt classique.

En ce qui concerne les pays développés, le baromètre de Convergences montre que la microfinance est un outil de plus en plus utilisé pour lutter contre les effets de la crise économique et sociale. Principalement destinés aux chômeurs, en 2011, plus de 120 000 microcrédits ont été accordés au sein de l’Union européenne, pour un montant total d’environ 1 milliard d’euros.

L’Adie, association d’utilité publique

En France, ce sont 60 000 emplois qui ont pu être créés par ce biais, notamment grâce à l’action de l’Adie – Association pour le droit à l’initiative économique. Reconnue d’utilité publique, l’Adie est un organisme pionnier en France et en Europe pour le microcrédit. Depuis sa fondation en 1989, l’Adie a financé plus 120 000 microcrédits, participant à la création de 87 000 entreprises avec un taux de pérennité à 2 ans de 68%.

Les entreprises ainsi créées travaillent dans des secteurs aussi différents que le service à la personne, le prêt-à-porter en ligne, la savonnerie artisanale, ou encore la conception d’imprimantes 3D. 17 des projets du programme CréaJeunes de l’Adie, parcours de formation réservé aux 18-32 ans, sont même récompensés par une bourse de 1 500€ décernée par la Fondation d’entreprise KPMG. Ces jeunes lauréats seront ainsi accompagnés par le grand cabinet d’audit dans le développement de leur projet.

Outils cruciaux de développement pour les pays les moins avancés, la microfinance et le microcrédit deviennent de plus en plus utilisés dans les pays développés, crise oblige. Avec un taux de chômage en hausse, de plus en plus de jeunes entrepreneurs sans fonds propres voient ces outils comme des solutions inespérées pour créer leur activité.

*Organisé à Paris du 17 au 19 septembre prochains, et ouvert à tous, la 6e édition du Forum Mondial Convergences sera l’occasion d’aborder ces questions de la microfinance et du microcrédit grâce, entre autres intervenants, à la présence de Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement ou encore d’Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement.

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