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16 avril 2013
MJCF 75

Réforme des retraites : attention danger !

En 2010, plus de 3 millions de personnes ont manifesté, à de nombreuses reprises, partout en France, pour s’opposer à une réforme du système des retraites injuste. Malgré la colère de tous, jeunes, travailleurs et retraités, le gouvernement de François Fillon a repoussé l’âge de départ à la retraite de 60 ans et 65 ans à taux à 62 ans et 67 ans à taux plein. Ne parlons même pas de la non prise en compte de la notion de pénibilité du travail, remplacée par un "pourcentage" d’invalidité physique.
Rappelons-le : le système de retraites est, aux côtés de la Sécurité Sociale, un des grands acquis sociaux du XXème siècle, inscrit dans le programme du Conseil National de la Résistance. Il s’agit de l’application même de l’idée de redistribution des richesses : les actifs cotissent pour les inactifs.

En 2010, les Jeunes Communistes étaient, au sein du collectif "La Retraite, une affaire de jeunes", en tête de cortège, aux côtés des lycéens et étudiants qui avaient tant de raisons de battre le pavé : baisse des embauches en conservant les actifs plus longtemps, destruction de leurs futures retraites, inégalités hommes-femmes, non-prise en compte des années d’étude dans le décompte des annuités.
Aujourd’hui, malgré ses promesses, malgré son opposition à la réforme d’Eric Woerth, le Parti Socialiste et François Hollande s’apprêtent à dynamiter ce qu’il reste de notre système de retraites. Souvenons-nous donc des engagements du candidat Hollande et des déclarations des ténors du Parti Socialiste il y a quelques mois...

Aujourd’hui, même la prétendue "aile gauche" du Parti Socialiste trouve une réforme obligatoire mais surtout trouve "normal de rallonger la durée de cotisation".
- Michel Rocard propose de rallonger la durée de cotisation de 41,5 année à 43 ans.
- Henri Emmanueli, pourtant si opposé au rallongement de la durée de cotisation en 2010 (notons par exemple sa participation à l’ouvrage collectif "Quelle retraite pour demain", qu’il a préfacé, et ses nombreuses déclarations en 2010), dit désormais que " "la biologie fait qu’il faut se poser la question de la durée de cotisation"
Et n’oublions pas les déclarations de Jérôme Cahuzac et ses consorts...

Pour les jeunes, de telles propositions sont inacceptables !
D’abord, revenons sur ce fameux dogme : "On vit plus, on doit donc travailler plus".
Remarquons déjà qu’un tel propos est fermé à tout progrès social. Si nous vivons plus vieux, cela a sans doutes à voir avec les progrès sociaux qui ont été fait, et dont notre système de retraites fait partie. Si nous travaillons plus longtemps, notre espérance de vie n’augmentera plus et va même probablement diminuer, comme cela a déjà été constaté dans certains états aux États-Unis.
D’autre part, cette affirmation est fausse. Ou du moins très incomplète. Oui, nous vivons plus vieux. Pour autant, notre espérance de vie en bonne santé est loin d’être aussi impressionnante. L’espérance de vie est ainsi de 78,3 ans pour les hommes en France, mais seulement de 61,8 ans en bonne santé (chiffre 2010, Insee). Pour les femmes, elle est de 85,3 ans et de 63,5 ans respectivement. On remarque qu’il est déjà difficile pour certains d’arriver au seuil des 62 ans...
Alors, devons-nous travailler jusqu’à être infirme ? C’est du moins ce que semble vouloir le gouvernement...
D’autre part, sachant que l’âge moyen d’accès au premier CDI est de 27 ans pour les jeunes, en cotissant 41,5 années pour obtenir une retraite à taux plein, on voit bien qu’il nous est impossible de partir avant 67 ans.

Concernant l’idée que le nombre d’actif par retraité diminue, il est certes vrai. Cependant, rappelons le fait que le France a un des meilleurs taux de natalité en Europe qui permet de relativiser cela. Surtout, si le taux d’actif par retraité a diminué, la productivité, elle, a augmenté ! De fait, un travailleur produit aujourd’hui bien plus de richesses qu’il y a 10, 20 ou 30 ans.

On a aussi entendu parler de ne plus indexer les retraites de base sur l’inflation. Belle idée pour précariser encore plus nos aînés !

Il est donc impératif de rappeler notre attachement au système par répartition, seul système garantissant une réelle solidarité entre travailleurs et retraités.
Il est d’ailleurs ridicule de traiter de nous demander de travailler plus alors que le taux de chômage est déjà particulièrement haut, surtout chez les jeunes...

De l’argent, il y en a : nous le savons tous ! Encore faut-il savoir à qui le prendre... Comme nous le disions, la productivité a augmenté, la richesse produite en France aussi, et pourtant, une seule part a augmenté : celle revenant aux actionnaires ! Ce n’est pas à nous de travailler plus ! Quelle richesse a donc produit Mme Parisot et ses amis ?

C’est un débat important qui nous touche tous : étudiants, lycéens, jeunes travailleurs, actifs, retraités, féministes, chômeurs... Alors, Hollande, prends garde ! Nous étions plus de 3 millions en 2010, nous n’hésiterons pas à recommencer ! Une réforme viable, solidaire et qui assure une réelle répartition des richesses est possible, encore faut-oser s’attaquer au MEDEF...

Taxons enfin le capital et le patrimoine, et non les travailleurs !

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